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Né en 1961 à Zurich. Vit et travaille à Bâle. Après avoir abandonné la guitare, il étudie le chant avec le baryton Raphael Laback et obtient le diplôme d'enseignement. Se perfectionne avec Tokne Nonaka en chant diphonique, et chez Daniel Prieto en techniques corporelles vocales d'après Alfred Wolfsohn. A part divers engagements comme musicien de théâtre, des projets comme soliste, des performances, des sculptures sonores et diverses commandes de composition pour le cinéma, s'intéresse avant tout à l'expression non verbale de la voix humaine, ainsi qu'au perfectionnement des techniques de chant diphonique. Lance en 1996 le projet «stimmhorn» avec le souffleur Balthasar Streiff. Collabore aussi étroitement, depuis quelques années, avec le musicien Tomek Kolczynski, avec qui il élabore entre autres le projet et le CD «popple music». Autres travaux importants: «genom genesis», performance solo au théâtre Gorki, Berlin (2000), «talk with my turntables» performance solo (2003).
Né à Baden en 1963, vit aujourd'hui à Bâle. Après un début d'études musicales à l'Ecole de jazz de Lucerne (trompette et chant), passe aux classes d'art libre de la Haute école de design de Bâle et termine ses études dans la section Sculpture libre. Se consacre depuis à l'interface espace/son. Fonde en 1996, avec le vocaliste Christian Zehnder, le projet «stimmhorn», qui a gagné entre-temps une réputation internationale et remporté de nombreuses distinctions. Son exploration de plusieurs années du cor des Alpes en tant qu'instrument de musique et d'objet fétiche a mené Streiff dans tous les domaines des arts visuels, du théâtre, du happening, du cinéma, de la littérature et à travers les styles musicaux les plus variés. Le projet «sanshi/ Purpurberg» le confronte à la musique de chambre japonaise, tandis qu'avec le quatuor de cors des Alpes «hornroh», il élabore les traditions futures de la musique suisse. Diverses commandes de composition et demandes de cours depuis 1998
Technique de chant qui filtre certaines notes de la série des harmoniques d'une note chantée de façon à les rendre audibles séparément [son flûté ou sifflé] et de donner l'impression d'une polyphonie. On peut produire plus de quatorze harmoniques d'une seule note fondamentale. Le chanteur qui parvient à maîtriser ces sons parfois très fugaces peut les utiliser à différentes fins harmoniques et chanter ainsi à deux voix. Il faut distinguer le chant diphonique des techniques de chant qui enrichissent simplement le timbre de la voix en y ajoutant des harmoniques. Dans la civilisation occidentale, l'art du chant diphonique a été monopolisé et idéalisé avant tout par la vague new age des années 1980. Dans les années 1960, des compositeurs tels que La Monte Young et Karlheinz Stockhausen l'avaient pourtant déjà introduit dans la musique d'avant-garde.
A Tuva, en Mongolie et dans d'autres pays d'Asie centrale autour du massif de l'Altaï, le chant diphonique est cultivé sous différentes formes de choomej [chant laryngien]. Contrairement au chant diphonique occidental, cette technique produit le chant par pression extrême sur le larynx, ce qui donne des résultats spectaculaires. Mais sur le plan harmonique, elle est limitée. Les origines du chant diphonique se trouvent dans les rituels chamaniques de ces pays. On connaît des chants analogues, basés parfois sur le « chant subharmonique » [voir ce mot], chez les Xhosa d'Afrique du Sud [umngqokolo] et les Sami de Laponie [joik]. Les chants très graves des lamas tibétains sont parfois cités dans ce contexte, bien que les harmoniques n'y soient pas utilisés délibérément comme structure musicale. Les chants de gorge des Inuits et des «cantu a tenores» de Sardaigne ne sont pas non plus du chant diphonique, comme on le prétend parfois.
Technique de chant qui permet de produire simultanément plusieurs notes en plaçant l'appareil vocal dans des positions particulières. Contrairement au chant diphonique, les notes produites ne sont pas des harmoniques, donc des multiples arithmétiques de la note fondamentale, mais des fractions dites subharmoniques. Le chant subharmonique est nettement plus compliqué que le chant diphonique et exige une technique particulière pour ne pas endommager les cordes vocales. Dans la région de l'Altaï, ces techniques s'appellent kargyraa et consistent parfois à faire vibrer d'autres parties du larynx (plis en poche, plis aryépiglottiques).
Cor naturel de bois attribué à l'Europe centrale et au monde alpin. Après avoir presque disparu de Suisse, le cor des Alpes a été ressuscité systématiquement à des fins publicitaires par l'industrie suisse du tourisme, puis confisqué et réduit à l'insignifiance par les sociétés de yodleurs. Il subit actuellement une cure de rajeunissement lente mais constante, et cela même dans les milieux plutôt conservateurs. Il était taillé à l'origine dans un petit sapin dont le pied était légèrement courbé, du fait de sa position sur la pente et du poids de la neige. De nos jours, les instruments sont fabriqués presque exclusivement de façon industrielle, ce qui permet une grande précision musicale et le jeu à plusieurs. Le büchel est la variante miniature, enroulée, du cor des Alpes, l'alpophone une invention de Balthasar Streiff.
Art de conduire simultanément plusieurs voix. Sur les instruments à vent, la polyphonie peut être produite en chantant dans l'embouchure, tout en jouant de l'instrument. Il en résulte au moins deux notes, mais on parvient même à en superposer plusieurs en exploitant les interférences, les notes combinées (ring modulation) ou la technique du chant diphonique et le glissando. L'effet de ce type de polyphonie dépend aussi beaucoup de l'acoustique de la salle.
Technique de respiration qui permet d'inspirer et d'expirer en même temps. L'expiration est divisée en deux parties: une partie de l'air est chassée par le diaphragme et la cage thoracique, l'autre par les joues et la langue. Pendant la seconde phase de l'expiration, on aspire rapidement de l'air par le nez en abaissant le diaphragme, air qui est immédiatement utilisé pour la première phase suivante. Sur de nombreux instruments à vent, on peut ainsi produire très longtemps un son continu (bourdon), à condition de maîtriser la technique d'attaque correspondante. La respiration circulaire est en usage musical dans la plupart des peuples du monde; ce n'est que dans la musique classique occidentale qu'elle est tombée largement dans l'oubli (sans doute à cause du mouvement incessant de la basse dans le contrepoint). La nouvelle vogue du didgeridoo australien dans certaines subcultures occidentales a valu un regain d'intérêt à cette technique de respiration ancestrale.
Série de notes non tempérées qui résulte uniquement des lois physiques des fréquences de vibration. Le premier harmonique est le son fondamental, tous les autres sont des fréquences supérieures, qui résonnent imperceptiblement quand sonne la note fondamentale. Bien que les fréquences des harmoniques soient des multiples simples de celle de la note fondamentale (et que les écarts arithmétiques restent donc toujours les mêmes), les intervalles acoustiques se resserrent géométriquement. Dans le spectre inférieur de la série des harmoniques, les intervalles sont donc grands, puis s'amenuisent vers le haut, pour finir dans un glissando apparent.
Instruments à vents à perce conique, dépourvus de pistons et de trous. Son produit par pression des lèvres sur l'embouchure. En général en bois, écorce, corne ou métal. Présents dans presque toutes les civilisations du monde, sous une forme ou sous une autre, à des fins communicatrices, pastorales, divertissantes, religieuses, cynégétiques ou guerrières. A côté de noms tels que trommet, tiba, lituus, carnyx, lure, schofar, triton, ragai, lepatoru, dung chen, didgeridoo, payze, schischeputsch, etc., celui de «cor des Alpes» fait relativement banal. C'est cependant ce cor naturel qui permet probablement la virtuosité la plus poussée (jusqu'à vingt harmoniques et plus). Membre de la famille des trompettes naturelles, la trompette baroque primitive, sans trous, est d'un jeu extrêmement difficile.
Chant traditionnel des Alpes sur des syllabes, mais sans texte. Le nom même de «yodle» en est un écho. Les séquences typiques de syllabes sont «yo-ho-di-hou», «yo-ho-dré-ho», «ho-la-daï-ti-yo». La caractéristique du yodle est le saut rapide, mais doux, du registre de poitrine à celui de tête. Les origines du yodle remontent aux temps préceltiques. C'est par le yodle que communiquaient les bergers et les cueilleurs, les forestiers et les charbonniers. On youtsait d'alpage à alpage. La communication par yodle existe toujours chez les Pygmées d'Afrique, les Inuits, dans le Caucase, en Mélanésie, Chine, Thaïlande et Cambodge, Espagne («alalá»), Laponie (joik), Suède (kulning), mais aussi en Pologne, Roumanie et Afrique.