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Obsidienne, 10 ans de recherche et de création !Obsidienne, fondé par Emmanuel Bonnardot en 1993 et basé en Bourgogne depuis 1998, est un ensemble vocal et instrumental dont les activités sont particulièrement foisonnantes Reconnu et largement primé pour ses interprétations de musique du Moyen âge et de la Renaissance (Diapason d'or, choc du Monde de la musique, 10 de Répertoire, 5 étoiles Goldberg, recommandé par Classica, Tradmagazine...) l'ensemble continue avec l'aide de musicologues et conférenciers (Agostino Magro, Jean Yves Haymoz, Claude Henry Joubert ) à défricher des répertoires inédits et méconnus et développe son travail sur la restitution de l'instrumentarium médiéval . Obsidienne se scinde parfois en petits groupes vocaux, instrumentaux ou associant voix et instruments. Ces petites formations permettent un travail plus spécialisé, plus intime et plus personnel. La réunion de l'ensemble, pouvant atteindre 16 personnes, lui donne toute sa puissance. Mais si Obsidienne se situe à la croisée des musiques anciennes et traditionnelles, savantes ou populaires, l'ensemble se veut également moderne et inventif en proposant des spectacles musicaux et des créations (parfois d'expression contemporaine) mettant en valeur les multiples talents des artistes de l' équipe: chanteur, instrumentiste, comédien, arrangeur, compositeur... Ce goût de l' exploration est le fait d' une curiosité et d' un enthousiasme communs aux membres de l'ensemble et à son directeur Emmanuel Bonnardot. Cette souplesse et cette variété ont apporté à Obsidienne une longévité et une pertinence qui lui ont permis d'atteindre en dix ans une qualité musicale exceptionnelle. L'ensemble a participé à de prestigieux festivals en France : Île de France, Ambronnay, Le Thoronet, Semaines musicales de Quimper, Art sacré de Perpignan, musée de Cluny, Amphithéâtre de l'opéra de Lyon, Vézelay, Aubazine, Melles et se produit régulièrement à Radio France (France Musique)... et à l'étranger, Italie: le chant des pierres, Radio Piémontaise, Espagne : festival de musique ancienne de Barcelone, radio Cataluña Musica, Portugal: fondation Gulbelkian, Allemagne : Lörrach, Postdam, Angleterre : Newcastle, Suisse : Festival d'improvisation de Lausanne. Obsidienne est soutenu par la DRAC Bourgogne/Ministère de la Culture, le Conseil Régional de Bourgogne, le Conseil Général de l'Yonne, la Communauté de Communes du Sénonais, la Ville de Sens et la Ville de Sergines . Obsidienne est membre de la FEVIS (Fédération des Ensembles Vocaux et Instrumentaux Spécialisés) Emmanuel BonnardotAprès avoir débuté sa carrière de chanteur au sein des ensembles La Chapelle Royale de Paris et Les Arts Florissants, Emmanuel Bonnardot, s' est particulièrement illustré dans le répertoire médiéval, d'abord avec Dominique Vellard et l'ensemble Gilles Binchois puis au sein du trio Alla Francesca lors de tournées en Europe, Amérique et Océanie. Il enseigne la pratique de la musique médiévale au C.N.S.M. de Lyon de 1993 à 1999. 11 est également à l'origine du Centre de Musique Médiévale de Paris dont il assure la direction artistique avec Brigitte Lesne et Pierre Hamon jus qu'en 1999. En 1993, à la suite des Académies Musicales de Céret (66) creuset de rencontres humaines et artistiques, où il enseigne aux côtés de Claude Henri Joubert et de Jean Claude Mathon, il fonde Obsidienne. Son timbre chaud, sa large palette vocale (baryton ou contre-ténor), sa passion pour la vièle à archet et son goût pour l'accompagnement font de ses interprétations des références, particulièrement dans les enregistrements des oeuvres de Guillaume de Machaut et celles des trouvères pour Calliope et Opus 111. ProgrammeNous commençons le programme par deux chansons de Guillaume Dufay (1400-1474). Il fut le précurseur de Josquin et de l'école franco-flamande et comme lui et les autres compositeurs de son temps, il voyagea entre le Nord et le Sud (l' Italie). Les musiciens du XVème siècle semblent avoir ignoré l'œuvre de François Villon. Ses textes étaient-ils trop originaux ou trop modernes ? Seul Delahaye compose un magnifique rondeau sur "Mort j'appelle de ta rigueur". Mais jusqu'à aujourd'hui de nombreux musiciens lui ont rendu hommage savants comme Debussy ou populaires comme Brassens. Nous voudrions réconcilier Villon et la musique de son temps, en intégrant quelques ballades au programme et en proposant une contrefaçon : Ballade « Les belles langagières » de François Villon sur la musique de « Reveslons Nous... » de Guillaume Dufay. Josquin Desprez n'est pas un inconnu récemment découvert. Déjà en 1832, Fétis en fait entendre aux parisiens : le Kyrie de la "Missa L'homme armé sexti toni " figure au programme de son second concert historique (Jean Pierre Ouvrard, Josquin Desprez et ses contemporains). Basée sur le thème profane de la célèbre chanson "l'homme armé", la messe "l'homme armé sexti toni" développe un contrepoint subtil jusqu'au dernier Agnus en double canon sur double cantus firmus (ou teneur : mélodie existante servant de base à une composition polyphonique, les autres voix étant ajoutées au-dessus et parfois au-dessous). Le premier Kyrie en tempus perfectum (3 temps lent) est tout en majesté, le Christe garde la traditionnelle proportion du 2 temps en toute simplicité et le Kyrie final s'enflamme par diminution (accélération du tempo) dans un 3 temps rapide. Il est à remarquer que la partie d'altus est particulièrement virtuose, préservant l'esprit des fameux contre-ténors typiques de l'époque médiévale. Dans le Gloria on retrouve les qualités expressives et imaginatives qui ont fait la renommée de Josquin mais aussi celle de son époque qui grâce à la maîtrise polyphonique, renoue avec la lyrique ou texte et musique sont intimement liés. Le Sanctus, plus simple, conserve sa variété traditionnelle, enchaînant les bicinie (duos) aux tutti et concluant par un Hosanna particulièrement enlevé. L'unité de la messe, sur la voie tracée par Guillaume de Machaut, Guillaume Dufay..., est donnée dans le premier Agnus par la reprise du thème en imitation. L'équilibre parfait du deuxième Agnus à 3 voix (formation "standard" du 15ème siècle), donne une grande liberté au contrepoint; il contraste avec la prouesse d'écriture du dernier Agnus à 6 voix, véritable bouquet final. Il est écrit en canon triple (6 voix couplées deux par deux), le cantus firmus est exposé en valeurs étirées aux 2 voix graves. Le tenor présente la seconde partie de la mélodie de l'homme armé tandis que le bassus en chante la première partie de façon rétrograde, par la suite le tenor assumera la seconde partie en mouvement rétrograde tandis que le bassus répétera la première partie, mais cette fois ci dans le bon sens. La technique du cantus firmus n'était pas seulement appliquée à la messe, en effet le motet Illibata Dei Virgo nutrix utilise au tenon la technique du sogetto cavato, un thème tiré du nom de « Maria » qui donne comme cantus firmus une brève cellule mélodique sur les notes la mi la. De plus le texte de ce motet, peut être assemblé par Josquin lui-même, comporte un acrostiche du nom du compositeur. La lauda est une composition religieuse non liturgique, de caractère populaire, qui prospéra en Italie du XIIIème jusqu'au XVIIIème siècle. Le plus souvent, il s'agit d'acclamations litaniques à la Vierge , chantées sur un motif musical unique et répété. En effet, dans la forme musicale de la lauda, proche de celle de la ballata italienne ou du virelai français, une ripresa (reprise) initiale est répétée après chaque vers ou strophe. Les thèmes religieux abordés de manières récurrentes, outre bien évidemment ceux d'inspiration mariale, sont ceux de l'amour divin, de la naissance du Christ (Da ciel venue messo novello), de la Passion et de la Résurrection , du Saint Esprit, de l'approche de la Mort (Chi vol lo mondo despreççare), ou bien ceux dédiés à un saint particulier. Le nombre de laude parvenues jusqu'à nous est impressionnant, ce qui témoigne de la popularité considérable du phénomène. La plupart des manuscrits ne nous transmet que le texte. En ce qui concerne la lauda dans sa forme plus ancienne, monophonique, il n'y a en effet que deux manuscrits qui contiennent aussi la musique : le célèbre Laudario di Cortona qui date de la fin du XIIIème siècle, et un manuscrit conservé à Florence (Magl. Il 1 122, BR 18). A la fin de ce dernier, nous trouvons ce qui peut être considéré comme les premiers exemples notés de laude polyphoniques (à deux voix). Durant le XVème siècle, la lauda commence à se diversifier, s'approchant d'une forme plus simple, tant du point de vue littéraire que musical. Elle est surtout polyphonique, à deux ou à trois voix - parfois même, bien que rarement, à quatre -, d'habitudes strophique, souvent homorythmique. Elle se rapproche du style de la frottola, la forme poético- musicale italienne par excellence de la fin du siècle. On prit aussi l'habitude d'adapter, en en modifiant le texte, des compositions existantes, par exemple des chansons françaises particulièrement à la mode. Derrière l'anonymat se cachent sans aucun doute des compositeurs de grand talent. Considéré comme un premier témoignage de la chanson populaire française dans les anthologies musicales, le manuscrit de Bayeux est une compilation de chansons monodiques françaises et en particulier normandes de la fin du XVème siècle et tout début XVIème siècle. Elles sont conçues dans un esprit courtois ou populaire, abordent des sujets aussi variés que les mal mariés, l'histoire, le bachique et bien sûr l'amour. Leur simplicité procure un irrésistible élan de bonne humeur. Ces monodies construites avec des cadences de teneurs, peuvent être la base d'improvisations ou de compositions polyphoniques. Ces mélodies, d'auteurs inconnus, ont inspiré les compositeurs de l'époque pour leurs messes et chansons polyphoniques comme Adieu mes amours (voir Enregistrement d'Obsidienne Josquin Desprez) ou encore Le grand désir d'aymer my tient de Jean Mouton. Durant les XVème et XVIème siècles la monodie reste, malgré l'évolution polyphonique, une réalité musicale quotidienne avec le plain chant à l'église, la musique de danse au son de la flûte et du tambour et la chanson comme en témoigne ce manuscrit. Les voix solistes se mêlent aux nombreuses couleurs instrumentales issues du Moyen Âge mais aussi aux sonorités des nouveaux instruments inventés à la fin du XVème siècle ( les violes, lyres, cornets...) dont les cours étaient friandes particulièrement pour l'usage domestique (musique de chambre), comme le suggère "le livre du courtisan" de Balthasar Castiglione et les tablatures ou transcriptions de l'époque. Les compositeurs de toutes époques ont toujours recherché cette proximité avec la chanson, confiants dans son naturel et dans son intemporalité. Faisant suite aux pastourelles des trouvères, aux virelais de Guillaume de Machaut ou en prémices aux bergerettes baroques et aux mélodies françaises, le manuscrit de Bayeux s'inscrit dans cette lignée à la frontière du savant et du populaire.
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