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Programme

Dialogos

Katarina Livljanic, directeur

Sequentia

Benjamin Bagby, directeur

 

voix:

Benjamin Bagby

Olivier Delafosse

Olivier Germond

Katarina livljanic

Vincent Pislar

Branislav Rakic

Jean-Paul Rigaud

Wolodymyr Smishkewych

Michael Loughlin Smith

 

 

Guerre de chantres

La ‘globalisation' carolingienne du chant liturgique

Gregorius praesul ( Prologus antiphonarii)

Rome et Gaule – traditions locales

Ad dominum dum tribularer (Graduel romain)

In convertendo dominus ( Psalmodie soliste romaine )

Memor sit (Antienne gallicane « ad communicandum  » )

Venite populi ( Antienne gallicane « ad communicandum  » )

Dicamus omnes (Preces gallicanes)

Voix Germaniques

Was líuto filu in flíze (Otfrid von Weissenburg, extrait d' Evangelienbuch )

Domine, exaudi orationem meam ( Trait )

Natus ante saecula (Notker de St Gall,  Séquence )

Entr'acte

Un nouveau chant Romain  ?

Alleluia. Prosechete laos

Sepe expugnaverunt ( Trait )

Deus enim firmavit ( Offertoire )

Dans les livres et mémoires carolingiennes

Laudate dominum de caelis ( Psalmodie alleluiatique )

A solis ortu usque ad occidua ( Complainte pour la mort de Charlemagne )

Collegerunt pontifices ( Antienne de procession )

Laudes regiae ( Acclamations )

 

 

GUERRES DE CHANTRES

 

La « globalisation » carolingienne du plain-chant médiéval

Il semble que Charlemagne ait alors demandé :

Entre le courant et la source, où se trouve l'eau la plus pure ?

(Jean Diacre, Vita Gregorii )


Ces mots attribués à Charlemagne, qu'il aurait prononcés à propos de la décadence du chant liturgique dans son empire et de la nécessité du retour au chant de Rome, ne cessent de revenir tout au long de l'histoire de ce qu'on appelle communément « chant grégorien ». Répétés par des personnages différents, dans des époques étendues entre le 9e siècle et nos jours, ces mots se réfèrent souvent à des réalités opposées et témoignent que les querelles autour de ce mystérieux idéal de l'authenticité du chant liturgique ne sont jamais finies.

 

Le thème de ce programme est la fameuse confrontation du 9e siècle entre les chantres carolingiens et les traditions musicales locales, que ces chantres cherchaient à remplacer par leurs propres répertoires musicaux et leurs propres styles vocaux. La présence de deux ensembles à voix d'hommes permet une  exploration des éléments vocaux de cette confrontation. L'auditeur pourra ainsi entendre la diversité étonnante des styles du plain chant de l'Europe médiévale, à une époque où les traditions de chant s'opposaient les unes aux autres à travers le jeune empire de Charlemagne.

La réforme impériale de la liturgie et de ses structures musicales s'est produite dans les différentes régions de l'empire carolingien un peu à la façon d'une "révolution culturelle", menée face à des liturgies locales déjà établies. Au nom de l'autorité romaine dans le chant liturgique, utilisée par Charlemagne pour le but politique d'unifier son empire, un nombre important de liturgies locales ont été éradiquées. De ces anciennes traditions musicales à avoir survécu, on retiendra que chacune a été préservée d'une manière différente : certaines, comme le chant ambrosien à Milan ont été maintenues jusqu'à nos jours ; quelques-unes sont restées en usage avant d'être oubliées (chant bénéventain en Italie Méridionale) ; d'autres enfin ont disparu ou bien furent conservées comme des strates constitutives de ce répertoire complexe et hybride que nous nommons « chant grégorien ».

 

Les sources manuscrites qui témoignent de l'existence de ces répertoires locaux sont relativement nombreuses, et datent d'époques très variées. Les traditions musicales qui nous ont intéressées particulièrement dans ce projet sont les deux couches les plus mystérieuses qui ont composé le chant grégorien : les répertoires de la Gaule qui constituaient la « langue maternelle » musicale des chantres carolingiens, et le fameux chant « vieux-romain » dont les sources écrites datent des périodes extrêmement tardives (11 e -13 e s.).

 

Mais comment comprendre et faire sonner les diversités musicales entre Rome et la Gaule carolingienne à travers des manuscrits postérieurs et des témoignages historiques qui frôlent parfois un univers anecdotique ?

 

Les chanteurs de Sequentia et Dialogos présentent un aspect de ces contrastes, de ces conflits musicaux et vocaux, transmis par les chantres du Moyen Age. Les textes des personnalités telles que Jean Diacre ou Notker de St Gall parlent souvent des différences entre les traditions locales du chant liturgique.

 

Or, ces hommes-là, se réfèrent-ils seulement aux différences entre les mélodies ? Elles sont parfois visibles uniquement sur nos tableaux comparatifs dans une analyse musicologique, mais elles n'étaient pas forcément audibles aux hommes qui les recevaient en transmission orale. Et si le mot différence signifiait chez les contemporains de Charlemagne plutôt une diversité dans les manières d'exécution, ou dans les approches à l'articulation du texte ? Peut-être se référait-il au nombre de chanteurs qui constituaient les scholae cantorum dans des pays éloignés, ou bien même à la technique vocale ou à la manière de prononcer le latin ? Ce sont des questions qui resteront probablement toujours sans réponse claire.

Dans notre approche à ces mélodies virtuoses, nous écoutons les sonorités créées par les confrontations du groupe au soliste, nous utilisons les registres vocaux différents et prononçons le latin de manières différentes, selon les régions de provenance des chants - nous examinons tous ces facteurs et essayons de sentir la délicate frontière entre le Même , Semblable et Différent ,.

 

Lié également à l'usage continu dans la liturgie, le chant grégorien n'a pas toujours eu le privilège (ou le malheur ?) d'être considéré comme musique médiévale et n'obéit pas nécessairement aux vogues esthétiques de ce monde, récemment créé, de la « musique ancienne ». Etiré entre les chanteurs, médiévistes et liturgistes, le plain-chant continue à susciter des approches très opposées concernant son interprétation. Or, la pluralité des styles d'interprétation ne reflète malheureusement pas toujours une pluralité et une tolérance d'idées. Colorées souvent par le désir de porter le cachet de l'unique «vérité », ces « guerres esthétiques » autour du chant grégorien cachent parfois encore cet atavisme latent de la croyance à la « romanité », à la suprématie d'un style sur les autres.

Nos « Guerres de Chantres » essaient de s'orienter vers l'autre pôle de ce problème, vers la pluralité de traditions comme seule possibilité à comprendre les répertoires qui au début de leur existence n'étaient transmis qu'oralement.

 

 

Plusieurs pièces sont interprétées dans ce programme pour la première fois depuis le temps de leur mise par écrit, ou bien résultent d'un travail de reconstruction basé sur les sources médiévales. En voici quelques précisions :

 

Gregorius praesul

Prologus Antiphonarii

Texte : Lucca, Bibl. capitolare, ms. 490, VIIIe-IXe s.

Mélodie : reconstruction K.Livljanic selon Paris, BNF, ms. lat. 776, XIe s.

Ce texte qui ouvre le programme raconte la légende, probablement forgée à l'époque carolingienne, sur le rôle du pape Grégoire le Grand dans la création du répertoire grégorien et de la schola cantorum au 7 e siècle à Rome.

 

Rome et Gaule – traditions locales

Ad dominum dum tribularer

Graduel romain

D'après le Graduel de Sta Cecilia, Bodmer 74, XIe s.

Une reconstruction de l'art de la plus ancienne schola cantorum romaine, basée sur les manuscrits plus tardifs, est proposée ici. Le soliste improvise autour d'un canevas chanté par la schola .

 

In convertendo dominus

Psalmodie soliste romaine

Texte : psaume 125 (126)

Mélodie : reconstruction B. Bagby et K. Livljanic

Aucun manuscrit musical antérieur au 9 e siècle n'est conservé, or les témoignages sur l'existence de la psalmodie soliste très ornée sont nombreux. Cette pièce représente une tentative de reconstruction de l'art de soliste romain au temps de Grégoire.

 

Memor sit

Venite populi

Antiennes gallicanes « ad communicandum »

Paris, BNF, ms. lat. 776, XIe s.

Dicamus omnes

Preces gallicanes

Paris, BNF, lat. 903, XIe s.

Deux antiennes chantées avant la communion et les preces gallicanes nous font visiter d'autres terres de l'empire carolingien. Ces pratiques liturgiques ont été populaires hors de Rome et n'ont survécu que dans de rares sources manuscrites.

 

Voix Germaniques

Was líuto filu in flíze

Otfrid von Weissenburg, extrait d 'Evangelienbuch

Vienne, Österreichische Nationalbibliothek, ms. 2687, IXe s.

Reconstruction : B. Bagby

Dans ce livre en langue germanique avec des fragments neumés, le moine Otfrid a transformé les évangiles en vers. Le Prologue chanté ici, compare les Francs, les Romains et les Grecs, en louant la gloire des Francs et en justifiant la nécessité d'utiliser leur langue vernaculaire pour transmettre les histoires bibliques.

 

Domine, exaudi orationem meam

Trait

St Gall, Stiftsbibliothek, ms. 359, Cantatorium, fin IXe s.

Natus ante saecula

Notker de St Gall,  Séquence

St Gall, Stiftsbibliothek 484, Xe s.

L'abbaye de St Gall (en Suisse Allemande) fut un des principaux centres intellectuels de l'époque carolingienne. Un des grands auteurs et poètes de cette abbaye fut certainement le célèbre moine Notker, auteur de la biographie de Charlemagne. Les manuscrits provenant de St Gall témoignent d'une tradition musicale virtuose et novatrice, dont nous donnons deux joyaux très différents : un trait soliste, chanté pendant les offices de la Passion du Vendredi Saint, et une séquence de Nöel.

 

Un nouveau chant Romain ?

Alleluia. Prosechete laos

Biblioteca Apostolica Vaticana, Vat. lat. 5319, XIe-XIIe s.

Sepe expugnaverunt

Trait

Graduale de Sta Cecilia, Bodmer 74, XIe s.

Deus enim firmavit

Offertoire

Graduale de Sta Cecilia, Bodmer 74, XIe s.

Ces mélodies proviennent des manuscrits romains t a rdifs et attestent que les traditions transmises par les chantres locaux n 'ont pas été totalement éradiquées au long des siècles de la « mondialisation » carolingienne.

Dans les livres et mémoires carolingiennes

Laudate dominum de caelis

Psalmodie alleluiatique

London , British Library, add. 30850, XIe s.

De l'autre côté des Alpes et sur la péninsule Ibérique, une cérémonie curieuse s'est conservée : elle consiste à chanter le mot « alleluia » autant que possible avant de rentrer dans le Carême, dans cette période de jeune et pénitence.

A solis ortu usque ad occidua

Complainte pour la mort de Charlemagne

Paris, BNF, lat. 1154, Xe s.

Reconstruction : B. Bagby

Un chant non-liturgique trouve sa place dans notre programme : c'est la complainte funèbre après la mort du « plus sage de tous les rois », Charlemagne.

Collegerunt pontifices

Antienne de procession

Paris, BNF, ms. lat. 776, XIe s.

Cette grande méditation, tirée du répertoire gallican, nous confronte à la réalité politique qui a mené à la mort de Jésus. Un jeu de mots et de musique très raffiné y évoque la mentalité des Romains.

Laudes regiae

Acclamations

Texte  : P a ris, BNF , lat. 13159 , cca. 796-800.

Mélodie : reconstruction K.Livljanic selon Paris, lat. 1118, cca 990.

Les acclamations impériales, héritées de l'Antiquité romaine, se transforment à la période carolingienne en un feu d'artifices de litanies qui célèbrent les saints comme des rois, les rois comme des saints.

 

Katarina Livljanic

 

 

La création des "Guerre de Chantres" a été aidée par une bourse de recherche de la part du Département de Musique de Harvard University (Prof. Thomas F. Kelly) et du Harvard Divinity School Center for the Study of World Religions (Music and the Arts Initiative).

Avec l'aide de la Fondation d'Entreprise France Telecom et l'aide à la création de la DRAC Ile de France et de l'association l'Aura des Arts - Festival d'Aubazine (Lieselottte Charliaguet).

Nous remercions également à Theodora Psychoiou.

 

Dialogos enregistre chez Arcana et Empreinte Digitale.

Sequentia enregistre exclusivement pour BMG Classics / DHM.

Le programme « Guerre de Chantres » est enregistré en novembre 2004 dans l'Abbaye Royale de Fontevraud pour BMG Classics / DHM.

 

Dialogos

Ensemble de musique médiévale fondé en 1997 par Katarina Livljanic. Son orientation artistique consiste à aborder les répertoires médiévaux les plus archaïques d'une manière actuelle et expressive, où la recherche musicologique approfondie va de pair avec une grande force scénique. L'ensemble réunit les voix de femmes ou les voix d'hommes selon les projets à géométrie variable. La créativité dans le choix et la préparation des programmes, ainsi que la refléxion qui accompagne chaque nouveau projet, ont vite suscité l'intérêt du public ainsi que les acclamations des critiques qui considèrent Dialogos comme l'un des ensembles européens les plus remarquables.


Dialogos s'est produit dans les festivals les plus importants : en France (Rencontres du Thoronnet, Théâtre des Bouffes du Nord, Voix et Route romane), en Allemagne (Romanische Sommer à Cologne, ), en Hollande (Utrecht Festival, où Katarina Livljanic a été conseillère artistique invitée en 2002), en Suisse, Suède, Norvège, Croatie (Festival de Dubrovnik), Belgique, au Maroc, au Canada et aux Etats Unis. Les concerts de « Dialogos » ont fait objet de nombreux enregistrements radiophoniques ainsi que des productions de télévision. Tous leurs disques ("Terra Adriatica", "Lombards & Barbares" et "La Vision de Tondal") ont été couronnés des meilleures distinctions par la critique française et internationale, parmi lesquels :  Diapason d'or, Choc du Monde de la Musique, 10 de Répertoire, 5 de Golberg. Le nouveau CD "La Vision de Tondal" a obtenu un Diapason d'or de l'année 2004.

 

Les projets récents de l'ensemble s'inspirent de plus en plus des répertoires inédits qui remettent en question les idées reçues sur la musique médiévale dans notre société : les programmes actuels se tournent vers les répertoires du Haut Moyen Age européen (IX-XIIe s.), le théâtre musical et le plain chant : "Guerres de Chantres" en collaboration avec l'ensemble »Sequentia«, "La Vision de Tondal" du répertoire glagolitique croate (mise en scène de Sanda Herzic et avec le conseil artistique de Yoshi Oïda), ou »Abbo Abbas« créé en 2004, sur les premières polyphonies occidentales de l'an mil.

 

Katarina Livljanic

Chanteuse et musicologue, est actuellement un des principaux spécialistes de l'interprétation du plain chant et de la musique liturgique du haut Moyen Age. Après ses études au Conservatiore National à Zagreb en Croatie, elle s'installe en France où elle continue sa formation approfondie en chant chez Guillemette Laurens et en musicologie médiévale chez Marie Noël Colette. Elle est également docteur en musicologie et Maître de conférences en musique médiévale à l'Université de Sorbonne - Paris IV.

Avec l'ensemble Dialogos qu'elle a fondé et dans lequel elle chante, elle travaille sur les projets du chant liturgique médiéval de l'aire culturelle méditéranéenne, fait des enregistrements discographiques et se produit en concerts partout en Europe et aux Etats Unis.

Comme chanteuse elle se produit comme soliste ; elle est présente également dans de nombreux festivales internationaux avec les ensembles Sequentia et Alla Francesca .

Parmi ses activités autour de l'interprétation du chant grégorien il faut noter l'enseignement qu'elle a donné à l'Université de Limerick en Irlande et ses résidences à Harvard University aux Etats Unis. KL est régulièrement invitée aux universités internationales les plus renommées aux Etats Unis et au Canada où elle donne des master-classes de plain chant médiéval. Elle publie des articles sur la problématique du chant médiéval dans les publications spécialisées du monde entier ( MGG, Basler Jahrbuch für historische Musikpraxis, Etudes grégoriennes ).

En 2002 elle était invitée comme conseillère artistique au Festival de musique ancienne à Utrecht.

 

Sequentia

Depuis sa création à Cologne en 1977, l'ensemble de musique médiévale Sequentia a gagné une renommée par la qualité de ses programmes de musique médiévale, donnés en Europe Occidentale et Orientale, Amérique du Nord et du Sud, Afrique, Proche Orient, aux Indes, au Japon, en Corée et en Australie. L'effectif et la disposition de Sequentia s'adaptent aux besoins du répertoire interprété (par exemple, un petit ensemble de voix seules et instruments pour des chansons profanes ou bien un ensemble plus grand de voix masculines pour la musique sacrée). En outre, l'ensemble se consacre de plus en plus activement à l'enseignement de l'interprétation de la musique médiévale.

Sequentia s'est établie à Paris, où son premier grand projet a été créé en 2003. Il s'agit de « G uerre de chantres  », en collaboration avec l'ensemble vocal de musique médiévale Dialogos (dirigé par Katarina Livljanic). Ce programme sur la « globalisation » de la musique liturgique au Moyen Age confronte le plain-chant romano-franc aux autres traditions européennes absorbées par la réforme carolingienne. Un autre projet de Sequentia sera centré sur l'art vocal de Notre Dame de Paris (1170-1230) avec des œuvres de Léonin, Pérotin, Philippe le Chancellier et Adam Precentor.

Musique pour la scène : à part le « Edda » (présenté dans une production scénique en 1995-97 dans les pays nordiques, Amérique du Nord et Afrique avec l'aide du Goethe Institut), les projets de musique sur scène de Sequentia ont inclus « Ordo Virtutum » de Hildegard von Bingen (télévision de la RFA, 1982, et tournées en 1984, 1986, 1990 et 1998-9) ; « Frauenleich » de Heinrich von Meissen (Frankurter Feste, 1987 et enregistrement en 1992). Le projet Edda est poursuivi en 2001-2 avec des interprétations des poèmes eddiques qui ont formé plus tard le noyau de la Tétralogie de Wagner. Pour cette production, qui a été présenté en Amérique du Nord et en Europe, Sequentia a collaboré avec le metteur en scène Ping Chong. La musique a fait l'objet d'un enregistrement sous le titre « The Rheingold Curse » (Marc Aurel Edition, 2002 / www.aurel.de). Parmi les 25 disques publiés chez Deutsche Harmonia Mundi (BMG Classics), le plus récent contient les chansons allemandes du 10ème et 11ème siècles: »Chants perdus d'un harpeur Rhénan«.

 

Benjamin Bagby

Chanteur harpiste, chercheur, et directeur de l'ensemble de musique médiévale Sequentia, Benjamin Bagby est l'une des figures plus importantes dans le domaine de l'interprétation de la musique médiévale de ces 20 dernières années. Après ses études de chant aux Etats-Unis, il obtient un diplôme à la Schola Cantorum Basiliensis de Bâle, où en 1977 il crée, avec Barbara Thornton, l'ensemble Sequentia. Après la mort de Barbara Thornton en 1998, Benjamin Bagby poursuit seul la direction de Sequentia. Outre ses recherches et ses écrits (plus de 60 programmes pour des festivals et concerts, des pochettes des CD de Sequentia, articles dans les revues Early Music, Early Music America, Canor, Goldberg ), Benjamin Bagby a publié des articles sur les questions d'interprétation. Il a été conférencier et professeur, donnant des classes magistrales et des ateliers en Europe et Amérique du Nord. Son travail sur Beowulf a commencé dans les années 1980 ; il a interprété la première partie du poème épique dans plus de 20 pays. Son interprétation est basée sur des recherches musicales détaillées, des études minutieuses auprès de philologues, des collaborations avec des facteurs d'instruments, une profonde connaissance des méthodes et traditions du récit oral dans les cultures traditionnelles et un profond respect pour ses propres racines Anglo-germaniques.