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Programme

Ensemble
Capilla Flamenca
,

Direction: Dirk Snellings

Missa de Septem Doloribus ,

Capilla Flamenca

Marnix De Cat, Jan Caals, Lieven Termont, Jan Van Elsacker; Dirk Snellings: chanteurs polyphonique

Psallentes:

Paul Schils, Lieven Deroo, Conor Biggs, Phillipe Souvagie, H. Vanden Abeele (solo et direction) choeur grégorien.

 

 

 

Programme

Introit

Veni in altitudinem

grégorien

Kyrie

Missa de Septem Doloribus

P. de la Rue

Gloria

Missa de Septem Doloribus

P. de la Rue

Graduel

Plorans ploravit in nocte

grégorien

Alleluia

Vox turturis audita est

grégorien

Prosa

Astat Virgo

grégorien

Credo

Missa de Septem Doloribus

P. de la Rue

Offertoire

Doleo super te

grégorien

Sanctus

Missa de Septem Doloribus

P. de la Rue

Agnus Dei

Missa de Septem Doloribus

P. de la Rue

Communion

Epilari et godée

grégorien

Stabat Mater

 

Josquin Desprez

 

Missa de Septem Doloribus

Grâce à l'unique paire de manuscrits Ms. 215-216 de Petrus Alamire, nous sommes en mesure de reconstituer d'un point de vue musical la fête mariale des Sept Douleurs dans son intégralité. Il est rare de trouver un manuscrit qui rassemble à la fois les parties de l'ordinaire en grégorien et les chants polyphoniques se rapportant à une même fête liturgique.

Parmi ce matériau musical, la Capilla Flamenca a sélectionné le propre de la Missa de Septem Doloribus à cinq voix de Pierre de la Rue. Comme nul autre polyphoniste, ce compositeur a su atteindre un équilibre parfait entre contrepoint, technique et émotion 'pure'.

Grâce à ce programme mêlant la sobriété du grégorien et la complexité de la polyphonie, nous pouvons nous faire une idée précise d'un point de vue historique et liturgique de cette fête en l'honneur de la Vierge..


Pierre de la Rue ( env. 1460-1518)


Pierre de la Rue est le modèle même de l'interprète-compositeur qui, aux confins des XV e et XVI e siècles, a pu obtenir les postes parmi les plus enviés et jouir d'une diffusion très large de ses oeuvres.

Le programme a été conçu autour d'un des plus remarquables manuscrits de la main d'Alamire et de ses scribes. L'antiphonaire en parchemin est tout entier place sous le signe de Notre-Dame des Sept Douleurs. Avec ses 49 folios, ce manuscrit compte parmi les moins épais du corpus d'Alamire. Il est également le seul manuscrit à contenir du grégorien et à être entièrement construit autour d'un seul thème.

De la Rue a écrit une trentaine de messes, principalement sur des modèles empruntés au répertoire sacré. La diversité des procédés mis en oeuvre par le compositeur pour intégrer ces modèles dans la texture contrapuntique est remarquable et illustre cette science de l'écriture que soulignaient les théoriciens.

La missa de Septem Doloribus de Pierre de la Rue on retrouve seulement dans quatre autres manuscrits d'Alamire. Dans cette messe à cinq voix, le compositeur utilise en grande partie le Salve virgo generosa en tant que cantus firmus, qu'il assortit d'un tissu polyphonique varié, imitative ou non. Dès le second Kyrie et jusqu'à la fin de la messe, les douleurs de Notre Dame qui sont la prédiction de Siméon dans le temple, le portement de la croix, la crucifixion, la descente de la croix et l'enterrement, sont notés en rouge, le plus souvent pour le premier tenor. Dans le superius du second Osanna du Sanctus, de la Rue introduit une citation sublime de la phrase finale 0 mater Dei, memento mei, du motet Ave Maria... virgo serena de Josquin Desprez.

La Missa de Septem Doloribus est combinée par un office partiellement en grégorien comprenant les premières et les secondes vêpres, ainsi que la messe. On remarquera que le manuscrit contient à la fois l'Alléluia et le trait d'après les prescriptions de l'époque, la fête de Notre Dame des Sept Douleurs était célébrée soit le Samedi avant le Dimanche des Rameaux, soit le premier Dimanche après Pâques.

Finalement le Stabat Mater à cinq voix, avec pour cantus firmus le ténor de la chanson française Comme femme desconfortée, de Josquin Desprez a également été introduit dans le programme. Il s'agit d'une fois de plus de la sacralisation d'une plainte amoureuse profane, qui fait allusion à la douleur de la Notre Dame.