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Binchois Consort

Programme

Dufay: MESSE " Puisque je vis" 
Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus, Agnus Dei.
 
-pause-
 
motets:
Compere Loyset: 'Omnium bonorum plena'
Anonyme.: 'Concede nobis domine
Anonyme.: 'Salve maris stella' 
Dufay: 'Ave regina celorum'

Binchois Consort

Le fondateur et directeur de Binchois Consort, ANDREW KIRKMAN, a étudié aux universités de Durham, de Londres (Collège du Roi) et de Princeton et a travaillé aux universités de Manchester, du Pays de Gales et d'Oxford. Il est actuellement professeur auxiliaire de la musique à l'université de Rutgers, New Jersey. Ses centres de recherches reposent sur la musique sacrée du quinzième siècle et ses publications traitent de divers aspects de la musique anglaise et continentale de cette période, y compris la musique de compositeurs comme Dufay, Ockeghem, Walter Frye et John Bedyngham.

Compère Loyset

Compositeur flamand qui a peut être exercé à Cambrai. Selon le poète Jean Molinet qui semble l'avoir connu, il aurait appartenu à une famille de Saint-Omer (Artois). Un document milanais de 1476 le dit ecclésiastique de Gobelins (Artois). Un décret de Charles VIII de 1494, accordant la nationalité française à Compère pour qu'il puisse sauvegarder les bénéfices acquis pendant son service royal le dit originaire du Hainaut. La date de 1450 communément admise pour sa naissance est trop tardive si on considère qu'une de ses chansons (texte de Molinet) apparaît dans un manuscrit des années 1460. Dans les années 1474-1475, il est en service à la chapelle ducale de Milan.  En 1476 le duc Aleazzo Maria Sforza a demandé pour le compte de Compère, l'octroi d'un bénéfice à S. Georgio de Catasijs de Pavie.  Il reste quelques temps encore à Milan après l'assassinat du duc, le 26 décembre 1476. En janvier 1477, suite à une réduction d'effectifs Compère quitte la chapelle. On est alors sans trace (cour de Jean II, duc de Bourbon à Moulins?). En 1486-1490, il est chanteur à la cour des rois de France (Charles VIII). Il est dans sa suite en 1494 lors de sa campagne d'Italie. En 1495 il est à peut être à Rome pendant l'occupation des troupes françaises. Entre le 30 avril 1498 et le 5 mai 1500, il sert comme doyen à l'église Saint-Géry de Cambrai, puis jusqu'en 1503 ou 1504 il est principal de la collégiale Saint-Pierre de Douai. (une histoire manuscrite de Saint-Pierre datant de 1730, découverte par Herbert Kellman, raconte les difficultés rencontrées par Compère dans son service, et le prétend aussi bachelier en droit canon et en droit civil). Des œuvres de circonstance indiqueraient qu'il garde des contacts avec la cour.
On conserve des messes ou fragments de messe, des magnificat, des motets-chansons, des chansons.

Guillaume Dufay
Hainaut (Belgique), vers 1400 / Cambrai, 1474.

Guillaume Dufay (1400-1474) est généralement considéré comme le premier compositeur de la Renaissance. Après avoir appris la musique à la cathédrale de Cambrai, sa ville natale et l'un des principaux centres de la puissante Bourgogne, il passa ensuite en Italie en 1419, où il fut, entre autres, chantre à la chapelle papale, puis à la cour de Savoie, avant de retourner à Cambrai en 1545. Il devint le musicien le plus célèbre d'Europe, aimé des plus grands, tel Charles le Téméraire. Il séjourna souvent dans l'actuelle Suisse: chanoine de la Cathédrale de Lausanne dès 1431, il participa à la paix entre Fribourg et Berne, célébrée par l'un de ses motets et résida également à Genève.

Homme d'une grande culture, il sut, au cours de ses nombreux voyages, assimiler les techniques française, anglaise et italienne pour en faire une éblouissante synthèse. Il fut le premier musicien à écrire des cycles complets pour l'Ordinaire de la messe (Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus, Agnus). Dans ses messes, il porta à la perfection une technique développée avant lui par les musiciens anglais et importée sur le continent lors de la dure occupation de la Guerre de Cent Ans, celle de l'emploi d'un même motif repris dans toutes les sections de la messe afin de donner une véritable unité à l'ensemble. Génie infatigable et insatisfait, il ne lui suffit pas de créer un style dans lequel ses contemporains s'engouffrent. Il continue alors à explorer de nouveaux langages, ce qui, joint à la profondeur, l'aisance et la variété de son écriture, font de lui le plus grand musicien du XVème siècle.

Ainsi, dans la première moitié de sa vie, il perfectionne le contrepoint "mathématique" médiéval, qu'il pousse dans ses derniers retranchements tout en l'associant cependant à un humaniste fera évoluer progressivement son style vers un contrepoint plus souple, où la ligne musicale joue le rôle principal. Dans sa dernière période, ce nouveau style atteint sa pleine maturité, tout en atteignant un sens de l'équilibre et des proportions toujours plus aiguës.
Missa "L'Homme armé"

Si son lieu de naissance est imprécis (Cambrai, Chimay ?), on sait cependant qu'il reçoit sa formation musicale à Cambrai, qui est à l'époque un important centre de musique religieuse, renommé au point de fournir des musiciens à la chapelle Vaticane. En 1419, alors qu'il fait partie de la suite de l'évêque Pierre d'Ailly au concile de Constance (Allemagne), il rencontre le Prince Carlo  Malatesta, qui le prend à la cour de Rimini, où il restera jusqu'en 1428. Il y compose ses premiers motets et est ordonné prêtre, avant de séjourner à Rome pendant cinq ans (1428-1433). Suit une longue période itinérante, où on le voit successivement à la cour de Savoie à Chambéry, à Florence (où il compose en 1436 le motet « Nuper rosarum flores » pour l'inauguration du nouveau dôme), à la cour de Ferrare, à nouveau en Savoie, enfin à la cour de Bourgogne, où il se lie avec Gilles Binchois. Au faîte de la notoriété - c'est un musicien estimé des monarques, Charles VII et Louis XI en tête -, il retourne bientôt à Cambrai (1439), où il dirige une maîtrise d'enfants. Cette dernière période, entrecoupée de séjours à la cour de Bourgogne et à la cour de Savoie (1425-28), sera la plus féconde de son activité créatrice.

La musique de Dufay, très européenne, se présente comme une synthèse de plusieurs influences, l'art français de Guillaume de Machaut, dont il a certainement connu les œuvres, la modernité harmonique de l'école anglaise (Dunstable notamment), et l'art italien, qu'il a beaucoup fréquenté au cours de ses voyages. Si elle vise à simplifier l'écriture parfois trop complexe de l'Ars nova (Machaut), c'est avant tout pour privilégier l'expression, dans une perspective qui annonce le madrigalisme, avec dans certains cas déjà, l'indication de parties instrumentales obligées, caractéristiques de l'art de la Renaissance.

Guillaume Dufay marque le début d'une grande époque de la musique  française, celle de l'école franco-flamande, dont le rayonnement ne cessera pas de s'étendre jusqu'à la fin du XVIe s.