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ENSEMBLE DISCANTUS - France

Brigitte LESNE, direction

 Christel BOIRON

Anne DELAFOSSE

Anne GUIDET

Lucie JOLIVET

Brigitte LE BARON

Brigitte LESNE

Catherine SCHROEDER

Catherine SERGENT

UNIVERSI POPULI

Musiques sacrées latines dans la Bohême médiévale jusqu'à l’aube de la Renaissance

~ manuscrits de Prague ~

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 Lux vera lucis radium
 Hymne à sainte Ludmilla

 Festivali melodia te laudamus o Maria
 Trope de Benedicamus domino

 Virga Yesse floruit
 Trope de Benedicamus domino

 Wenceslaus, dux gracie
 Repons, office de saint Venceslas

 
Salve pater optime
 Prose de saint Venceslas

 Castus mente corpore / Preclaris
 Repons et trope, office de saint Venceslas

 Ave virgo virginum
 Conduit

 Sanctus – Deus rerum principium
 Trope de Sanctus

 Universi populi simul iam gaudete
 Cantio

 
In illo tempore intravit Jhesus in quoddam castellum
 Lecture

 Veni sancte spiritus / Da gaudiorum premia / Veni
 Motet

 Rorate celi desuper
 Introït

 
Hac nube irrorante
 Cantio

 Nobis est natus hodie de pura virgine
 Cantio

 
Natus est / Quem laudavere / Huius sit memoria
 Motet

 O deus pater ingenite
 Trope de Kyrie

 Alleluia – Ave benedicta Maria
 Trope d’Alleluia

 
Nostra iocunda curia / Eya / Unde gaudent angeli
 Motet

 
Sanctus
 Ordinaire de la messe

 O florens rosa
 Antienne

 
O regina lux divina
 Cantio

 Deus omnipotens a morte resurgens
 Cantio

 
Surrexit Christus / Angelus / Christus / Terra tremuit
 Motet
 

Universi populi

À la fin du Xe siècle, le prince Boleslav II et sa sœur Mlada fondent, pour les moniales bénédictines et en plein cœur du château de Prague, le couvent Saint-Georges, plus ancien monastère de Bohême. Les abbesses de ce couvent, où étaient particulièrement vénérés les saints patrons de Bohême, Venceslas et sa grand-mère Ludmilla, ont longtemps obtenu le privilège de couronner les reines de Bohême.

L’ensemble de voix de femmes Discantus, poursuivant ses pérégrinations dans l’Europe médiévale et les musiques sacrées, devait fatalement rencontrer un jour l’histoire des moniales pragoises et la figure tutélaire de sainte Ludmilla.

 

Ce nouveau programme, consacré au répertoire liturgique latin conservé dans les manuscrits médiévaux tchèques, commence par des pièces choisies dans le très important corpus du couvent Saint-Georges. Les chanteuses de Discantus redonnent ainsi voix aux moniales grâce aux antiphonaires, processionnaux et tropaires des XIIIe et XIVe siècles qui composent cette riche collection. Dans ces manuscrits ont été sélectionnés des hymnes, antiennes et répons des Offices de sainte Ludmilla et de saint Venceslas, ainsi que des tropes – compositions poétiques et musicales insérées dans ces anciens chants et destinées à les commenter –, et des conduits – sortes d’accompagnement musical des nombreux déplacements et processions du clergé au sein d’une liturgie qui, à l’image de l’existence du croyant, était en perpétuel mouvement. Tropes et conduits sont ici dédiés à la Vierge, la femme parfaite, médiatrice, vers laquelle convergent les espérances.

Certains chants sont mis en phase avec le répertoire figurant dans des manuscrits français de la même période : il est en effet remarquable de constater que c’est justement la ville de Prague qui a le plus tôt accueilli les nouveaux chants –‘Nova cantica’– qui avaient émergé en Aquitaine au XIIe siècle. Le caractère luxuriant de leurs mélodies, riches en ornements, se déployant dans les sonorités de polyphonies d’un style nouveau, a séduit, plus que d’autres, les chantres de Bohême au Moyen Age. C’est ainsi que sont proposées quelques pièces dont les mêmes textes et les mêmes mélodies (avec un développement sensiblement différent) ont été chantés dans les églises aquitaines et parisiennes aux XIIe et XIIIe siècles, puis dans les églises pragoises.

Le programme du concert se poursuit avec des pièces figurant dans des manuscrits plus tardifs (notés aux XVe et XVIe siècles), extraites du Propre (introït, alleluia, prose) et de l’Ordinaire (Kyrie, Sanctus) de la Messe. L’introït du temps de Noël, Rorate celi desuper (Cieux répandez votre rosée et les nuées feront pleuvoir le Juste) est universellement diffusé, mais la version à deux voix de Prague est unique et suivie dans le même manuscrit d’une Cantio qui en développe le thème. De même dans l’alleluia Ave benedicta Maria est insérée une prière composée à la façon d’une chanson populaire, comme pourrait l’être aussi la mélodie du Sanctus Dominus deorum deus. A celles-ci s’adjoignent d’autres cantiones sacrae : chansons rythmées monodiques ou polyphoniques (à deux, trois ou quatre voix) très abondamment représentées dans les manuscrits de cette période. Enfin, la lecture à trois voix In illo tempore intravit Jhesus atteste l’habitude, en certaines églises, de confier l’exécution de ces moments importants de la liturgie de la parole à plusieurs chantres : la récitation soliste est ici ponctuée de magnifiques rencontres polyphoniques qui en rehausse l’éclat.

 

La très grande variété de ce répertoire illustre l’exceptionnelle richesse de la musique sacrée en pleine mutation en Bohême, comme dans l’ensemble de l’Europe, entre le XIIIe et le XVe siècle.

 

Ce projet a été monté dès sa genèse en partenariat étroit avec l’Institut Français de Prague dans le cadre des « Ateliers-Recherche-Création ». Il fait entendre les musiques de nombreux manuscrits que Brigitte Lesne, accompagnée de la musicologue et paléographe Marie-Noël Colette (EPHE, Paris), a été rechercher dans les bibliothèques de la ville : aux archives du Château, au Musée National (Narodni Museum), à l’Université.

 

Discantus

Ensemble vocal uniquement féminin, composé généralement de cinq à dix chanteuses a cappella, Discantus fait revivre les répertoires vocaux du Moyen-âge, depuis les premières notations occidentales (9e siècle), jusqu’à l’aube de la Renaissance, principalement les musiques sacrées. Il s’est imposé internationalement comme une référence pour ce type de répertoire interprété à voix de femmes.

Fondé au tout début des années 90 et placé sous la direction de Brigitte Lesne, il réunit des chanteuses venues d’horizons divers et capables d’adopter un style de chant convenant à ces musiques, afin de créer une équipe cohérente avec un son d’ensemble aux timbres individuels bien différenciés.

En s’appuyant particulièrement sur le style propre au chant grégorien (travail de la ligne mélodique, du rythme et de l’ornementation d’après les manuscrits les plus anciens), Discantus insuffle une vie nouvelle aux chants de l’ars antiqua, époque du rayonnement culturel de Saint-Martial de Limoges en Aquitaine, de l’apogée des grands pèlerinages comme celui de Saint-Jacques-de-Compostelle, puis de la construction de la Cathédrale Notre-Dame de Paris.

Brigitte Lesne conçoit entièrement les programmes, le plus souvent avec le concours de la musicologue Marie-Noël Colette, menant une longue réflexion pour arriver à des thématiques pleines de sens, après un patient travail de collectage de manuscrits et de transcriptions musicales. Souvent les thèmes retenus mettent la femme au premier plan  : la Maternité, la Vierge Marie, Hildegard von Bingen, les manuscrits issus de monastères féminins……

L’ensemble peut s’adjoindre également selon les programmes le concours d’instruments (carillon et cloches à mains, orgue, …), d’un chœur d’enfants ou d’un chœur de femmes, être mis en scène (drames liturgiques) ou encore se produire en compagnie de l’ensemble Alla francesca, mêlant ainsi musiques sacrées et musiques profanes. Fin 2006, un nouveau programme, autour d’Héloïse et Abélard, sera proposé avec un comédien, une comédienne et une vièliste.

Invité des plus grands festivals, Discantus se produit régulièrement en France, en Europe occidentale, centrale et orientale (tournée 1997 en Croatie, Slovénie, Slovaquie, Hongrie et Pologne, puis en 2005 en Pologne, République Tchèque, Serbie-Montenegro et Hongrie), et jusqu’à Fès (Maroc, 1999), Beyrouth (Liban, 2002), New-York (USA, 2001), Perth (Australie, 1998), ainsi qu’en Colombie (2003 : Bogota, Medellin, Cali). En 2007, une tournée est prévue en Equateur et au Mexique.

Son dixième enregistrement, “ Compostelle, le chant de l’étoile ”, a fait l’unanimité de la presse musicale et collectionné les récompenses. La nouveauté, “ Univesri populi ”, vient de paraître sous le label Zig-Zag territoires.

 

Brigitte Lesne

Brigitte  Lesne est devenue, au fil des concerts et enregistrements, la véritable incarnation du chant médiéval au féminin. Alliant art et savoir, elle s’appuie sur sa solide connaissance stylistique des répertoires vocaux les plus anciens, et de la notation grégorienne neumatique, pour restituer, dans toute leur force première et leurs subtiles saveurs, les musiques monodiques et polyphoniques du Moyen-âge.

Elle dirige, d’une part, l’ensemble de voix de femmes a cappella Discantus – avec lequel elle se consacre essentiellement  aux musiques sacrées les plus anciennes – et d’autre part, en compagnie du flûtiste Pierre Hamon, le groupe vocal et instrumental Alla francesca – qui interprète les répertoires profanes jusqu’au 15e siècle et où elle joue aussi harpes médiévales et percussions.

Depuis le début des années 90, elle s’est produite, avec ces deux ensembles, dans la plupart des grands festivals de musique ancienne et festivals internationaux, en France (Ambronay, Beaune, Saintes,…), dans toute l’Europe et dans le monde entier, jusqu’en Australie, Inde, Colombie, États-Unis, Liban, Russie, … De très nombreux de ces concerts ont été retransmis sur les ondes des radios nationales.

Son abondante discographie a fait l’unanimité de la critique musicale, que ce soit avec Discantus, Alla francesca ou encore en récital solo (“ Ave Eva ”). On la retrouve aussi dans de nombreux enregistrements effectués au sein de l’ensemble Gilles Binchois ainsi qu’avec Il Seminario musicale (un CD Monteverdi).

Brigitte Lesne transmet ses connaissances lors d’ateliers pratiques qu’elle anime au Centre de musique médiévale de Paris. Elle est également invitée à intervenir (conférences, masterclasse, séminaires, jurys) dans des structures comme les Conservatoires Nationaux de Paris ou de Lyon,  à l’Université de Paris Sorbonne (master interprétation de la musique médiévale) ou auprès de la Maitrise de “ Musique Sacrée à Notre-Dame de Paris ”. Elle est également titulaire d’une maîtrise d’espagnol avec un travail consacré à l’étude du Misteri d’Elx.