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Programme

DIVNA
&
L’ENSEMBLE MELODI

Serbie

Divna LJUBOJEVIC, soliste

Chœur MELODI
 dix chanteurs

 

MYSTERES BYZANTINS

 

Exapostilaire de la Dormition de la Mère de Dieu
Vous tous qui avez été baptisés dans le Christ
Les Mages, rois de Perse
Dieu est avec nous !
Ave Maria
Kondakion à la Mère de Dieu
Canon d’intercession à la Mère de Dieu
Verset
Psaume 102, dit des « Typiques »
Tropaires de la Résurrection (Eulogétaires)
Hymne à la Toute-Sainte
Hymne des Chérubins
Kyrie eleison
Polyeleos  -  psaumes 134 et 135
Kondakion de l’Annonciation
Ad multos Annos
Coule eau vive
Prokimenon chanté aux Vêpres de certaines grandes fêtes liturgiques
Kondakion de la Nativité du Christ

 

Liturgies byzantines

C’est la Foi et Dieu qui ont conduit Divna Ljubojevic (Belgrade, 1970) à la musique. Depuis sa tendre enfance, elle assiste aux offices religieux des moniales du monastère Vavedenje. Elle est fascinée et « enchantée ». Dès lors, la voix sera un don et le chant une offrande. La musique prolonge la prière silencieuse, elle en est la parure, l’ornement, elle est l’éclat extérieur de la charité intérieure. Cet axiome de départ transfigure, pour le coup, le geste artistique, et cela s’entend ! Sans pour autant que la démarche ne devienne démonstrative ou impudique en concert, - le sacré répugne viscéralement à l’impudeur et au spectacle ! - c’est une musique qui inexorablement vient appeler cet « ailleurs » de merveille et la douce émergence du surnaturel derrière l’évidence artistique. Lorsque la voix lumineuse et cristalline de Divna, effrontément sobre et innocente, se détache et s'élève au-dessus des basses profondes du chœur Melodi, cet « ailleurs » saisit et emporte loin, très loin… Assurément, on ne sort pas indemne d’un concert de Divna. - Répertoire des liturgies byzantines de traditions serbe, russe et grecque.

Divna Ljubojevic

Directrice du Chœur et du Studio de Musique Sacrée MELODI, Divna Ljubojevic est née à Belgrade en 1970. Elle a étudié à l’École de Musique Mokranjac de Belgrade et est diplômée de l’Académie de Musique de Novi Sad. Dès l’enfance, elle a pratiqué le chant religieux avec le chœur du monastère Vavedenje où elle a été formée par des moniales qui cultivaient minutieusement le style unique issu du chant de Karlovatz et chérissaient fidèlement le chant traditionnel Russe.
Elle a commencé à diriger en 1988, d’abord le Chœur Mokranjac, avec qui elle a donné de nombreux concerts tant dans son pays qu’à l’étranger, et en particulier la première Liturgie de Pâques sous le dôme de l’Église St. Sava à Vratchar. Entre 1989 et 1991, elle a dirigé la Première Société Chorale de Belgrade, devenant ainsi «la plus jeune chef d’un groupe vocal dont la création remonte à 1853 ». Avec cet ensemble représentatif de la tradition la plus ancienne, elle a donné de brillants concerts, particulièrement en Grèce aux Festivals de Musique Sacrée de Delphe, Kardica et Kefalonia.
En tant que pédagogue (musique chorale et solfège), Divna Ljubojevic a remporté de nombreux prix lors de compétitions d’écoles de musique. En 1997, avec la bénédiction de l’Évêque Orthodoxe de Luka, elle a fondé un chœur à l’Église St. Sava de Paris, avec qui elle a donné des concerts de musique liturgique slave et grecque à Bruxelles, Senlis et Paris. Elle a également enseigné le chant choral à l’Académie musicale d’été d’Amilly (France). Aujourd’hui elle consacre l’essentiel de son activité artistique au Chœur MELODI qu’elle a fondé avec un groupe d’amis et d’associés.

 

Extrait d’un entretien avec Divna

- Qu’est-ce qui peut décider un jeune à se tourner vers le chant sacré ?
L’état de l’âme ! C’est toujours l’état de l’âme qui détermine toute chose. L’âme est en nous ce qui cherche, demande et finalement choisit. Plus couramment, on appele cela « affinité ». En ce qui concerne le chant sacré, cette décision ne peut se prendre qu’à un moment où l’être est encore réceptif, innocent, non pratique, non sali. Et c’est en gardant toute sa vie de telles dispositions que l’on peut continuer à chanter ce répertoire, jusqu’à la fin.

- Dans votre cas, comment cela s’est-il produit ?
Exactement comme ce que je viens d’expliquer. À l’époque où mon âme se cherchait, je suis arrivée au monastère de la Présentation, j’ai entendu Mère Agniya et les sœurs ; elles chantaient divinement, et…voilà.

- Quel rapport entre la mélodie, la part de Divin dans l’art et son propre talent ?
Tout s’entrecroise. La mélodie peut être l’intermédiaire entre l’humain et le Divin, voire le rapport même avec le Divin. Quant au talent, quel artiste a le temps de penser à son propre talent avant des années et des années de maturité ? Le talent est un regard de Dieu sur l’être, et donc une circonstance heureuse pour le bénéficiaire puisqu’elle lui permet un rapport digne avec Dieu.

- Comment se consacrer à quelque chose de si sublime et solennel dans un temps de chaos et de vitesse ?
Chaque temps a son chaos ! Le rapport entre le Chaos et le Temps peut se comparer au rapport entre l’enfant dans la puberté (l’homme) et un Père (Dieu). Le Chaos d’aujourd’hui est justement cette « vitesse immodérée » par laquelle on n’arrive nulle part, car elle est apparente et n’existe pas dans le temps. Elle est l’aveuglement massif, causé, je suppose, par cette poussière que lève la grande vitesse. Et comme il faut justifier cette course absurde, on a inventé de nouvelles valeurs, comme on met des fleurs dans un vase, des fleurs sans racines.
Tout cela est vain dans la mesure où, bien avant ces fausses valeurs, existe la Vérité de Dieu sur l’homme. C’est depuis cette Vérité que pousse « la branche » sur laquelle on peut cueillir l’homme.
Voici pourquoi je trouve simple et naturel de me consacrer à cette musique, sublime – puisqu’elle vient de Dieu, et solennelle – puisque la vie est une célébration.

- Que pouvez-vous nous dire de votre expérience de chef de chœur à Paris ?
Le début de mon engagement professionnel à Paris est lié à la fondation de la chorale attachée à l’Eglise serbe de Saint Sava dont les membres, à l’époque, étaient exclusivement des Serbes. J’ai travaillé avec eux durant plusieurs semaines pour former la chorale à chanter durant les liturgies. Une expérience professionnelle que, certes, j’avais déjà vécue, mais également nouvelle car ces chanteurs étaient nés en France où y vivaient depuis si longtemps qu’ils étaient en fait Français. Mon travail avec les étrangers a commencé en 1998. Depuis 2002, je tiens des ateliers à Paris et à Londres , un autre va bientôt s’ouvrir aux Pays-Bas.

- Comment ces publics variés réagissent-ils à votre travail, à ce qu’ils entendent ?
Ils sont la plus belle preuve que la musique sacrée et le travail sur cette musique conduit l’homme du bas vers le haut. C’est ce que j’ai vécu aussi bien à travers mon travail de chef de chœur qu’à travers les concerts, en France, en Angleterre en Allemagne… Je crois que ce sera le cas partout où je chanterai et travaillerai.

- Outre les cours de chants eux-mêmes, existe-t-il une histoire théologique sur le fondement métaphysique du chant ?
Le chant est, dès le commencement, indissolublement lié à une « histoire théologique » , il a donc des fondements métaphysiques. Sous une forme ou sous une autre, le chant existe depuis les temps apostolique et représente le chant angélique adressé à Dieu. Existe-t-il plus grand fondement métaphysique et théologique ? Cela se perçoit bien à travers le texte que porte la mélodie… où qui la porte.

- Que pensez-vous des tendances actuelles d’ethno music et de world music ?
Il existe une telle offre qu’elle en donne mal à la tête !! Nous sommes entrés dans un zone dangereuse où la raison de chanter n’est plus l’éducation mais la popularité et le gain personnel. Mais cette musique est très écoutée, ce qui montre combien règne l’impersonnalité. Heureusement, les modes sont toujours fugaces et rares sont les spécimens qui connaissent un succès durable.